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Aujourd’hui, je vous présente Deplasma, premier tome d’une série de sept dessinés par Joshua Cotter.
Située dans un futur proche, la série nous présente une Terre dans laquelle le voyage spatial a suffisamment évolué pour permettre à des personnes de vivre dans des stations et où internet relie télépathiquement 2/3 des êtres humains.
Le hic : pour fonctionner, ce réseau a besoin d’un serveur central prenant place dans le cerveau d’une petite fille, ce qui choque évidemment l’opinion publique lorsque le secret est dévoilé. Pour palier à ce problème éthique, l’équipe à l’origine du projet se retire pour plancher sur une version non organique du serveur, dans une station spatiale travaillant également à la colonisation spatiale au travers de portails qui ne sont pas sans rappeler des Stargates. Dans ce climat de recherches scientifiques, nous suivons Melody McCabe, une jeune femme appartenant à l’équipe de scientifiques, dès son arrivée sur la station. Seulement tout ne risque pas de se passer comme prévu

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Avec ce résumé, j’ai sans doute perdu une bonne partie d’entre vous sous les coups du vicieux « AU SECOURS, DE LA SCIENCE FICTION ! » (un jour, je vous préparerai quelque chose pour vous convaincre qu’il y a un peu de SF faite pour vous, mais concentrons-nous sur le sujet du jour pour le moment).
Et le trait de Joshua Cotter finira d’éloigner ceux qui sont restés.
En effet, son dessin n’est pas des plus vendeurs : entièrement en noir et blanc, chargé en texte, découpage en cases très répétitif, rien pour attirer un public qui n’est pas déjà sensibilisés à la BD.
La lecture de l’introduction n’aidera pas et laissera le chalant déstabilisé : les phrases cryptiques et les « transitions » graphiques étonnantes sont certes efficaces pour poser l’ambiance, mais on se demande ce qu’on tient entre les mains.

 

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« Mais où est-ce que je suis tombé…? »

Mais Deplasma exerce une fascination confuse.
Oui, certaines scènes sont incompréhensibles, offrant une ambiance cotonneuse comme un rêve étrangement esthétique d’un réalisateur, pratiquement ésotériques.
Non, ce premier tome ne nous fait aucun cadeau en nous larguant au milieu d’un contexte dense qu’on découvre bribe par bribe au travers d’un trop plein d’informations qui ressemble plus à un zapping fou qu’à une bande dessinée.

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Mais si les premières pages ne suffisent pas à aiguiser votre curiosité, essayez de pousser un peu : au fur et à mesure, Deplasma commencera subtilement à vous séduire et à se faufiler dans votre tête. On oublie le dessin de Joshua Cotter pour commencer à prêter attention à l’absurdité de certains dialogues, à l’humour et l’ironie présents là où on ne les voit pas venir… Même les expressions figées de ses personnages, la mise en page monotone et la façon de zapper entre les scénettes commenceront à devenir des points forts, donnant au fur et à mesure la sensation de lire le storyboard d’un film indépendant. Quand vous commencerez à entendre des bruits de zapping en tournant les pages, ce sera gagné, et il ne vous faudra plus qu’à attendre fébrilement le second volume comme moi !

Dans un climat de pluriculturalisme – les dialogues partiellement en hindi ou japonais non traduits destabilisent mais contribuent efficacement à l’ambiance -, de problématiques technologiques actuelles et du bon vieux thriller huis clôt spatial dans la veine d’Alien, Deplasma est un OVNI (haha) que je ne peux que vous recommander de découvrir tant que la série en est à ses débuts !
Il n’a très certainement pas la vocation de plaire au grand public, mais si l’un des éléments que j’ai évoqués a su retenir votre attention, n’attendez pas plus longtemps !

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Dans un futur proche, la Terre est surpeuplée et ses ressources s’épuisent rapidement. La navette spatiale Dawn Aquila est développée afin de permettre à une petite équipe de lancer la colonisation d’une planète habitable dans un système planétaire proche. La navette transportera également un « portail » qui permettra de voyager instantanément de l’ancienne Terre jusqu’à ce nouvel Eden. Parallèlement à la mise en place de ce projet, Internet a connu de profonds bouleversements et est désormais accessible télépathiquement par les 2/3 de la population mondiale, grâce à un serveur central. Mais peu avant le début du récit, la population terrestre, horrifiée, apprend que ce « serveur » est en fait un enfant. Un projet alternatif de serveur électronique est alors développé à bord de la deuxième Station Spatiale Internationale où la navette Dawn Aquila est amarrée.

240 pagesÇà et là
 

Vous pouvez retrouver les chroniques des autres participants de « la BD du mercredi » sur le blog de Noukette !

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Sita

Sita

26 ans, rat de bibliothèques.
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