150deplasma1

Aujourd’hui, je vous présente Deplasma, premier tome d’une série de sept dessinés par Joshua Cotter.
Située dans un futur proche, la série nous présente une Terre dans laquelle le voyage spatial a suffisamment évolué pour permettre à des personnes de vivre dans des stations et où internet relie télépathiquement 2/3 des êtres humains.
Le hic : pour fonctionner, ce réseau a besoin d’un serveur central prenant place dans le cerveau d’une petite fille, ce qui choque évidemment l’opinion publique lorsque le secret est dévoilé. Pour palier à ce problème éthique, l’équipe à l’origine du projet se retire pour plancher sur une version non organique du serveur, dans une station spatiale travaillant également à la colonisation spatiale au travers de portails qui ne sont pas sans rappeler des Stargates. Dans ce climat de recherches scientifiques, nous suivons Melody McCabe, une jeune femme appartenant à l’équipe de scientifiques, dès son arrivée sur la station. Seulement tout ne risque pas de se passer comme prévu

deplasma4

Avec ce résumé, j’ai sans doute perdu une bonne partie d’entre vous sous les coups du vicieux « AU SECOURS, DE LA SCIENCE FICTION ! » (un jour, je vous préparerai quelque chose pour vous convaincre qu’il y a un peu de SF faite pour vous, mais concentrons-nous sur le sujet du jour pour le moment).
Et le trait de Joshua Cotter finira d’éloigner ceux qui sont restés.
En effet, son dessin n’est pas des plus vendeurs : entièrement en noir et blanc, chargé en texte, découpage en cases très répétitif, rien pour attirer un public qui n’est pas déjà sensibilisés à la BD.
La lecture de l’introduction n’aidera pas et laissera le chalant déstabilisé : les phrases cryptiques et les « transitions » graphiques étonnantes sont certes efficaces pour poser l’ambiance, mais on se demande ce qu’on tient entre les mains.

 

deplasma
« Mais où est-ce que je suis tombé…? »

Mais Deplasma exerce une fascination confuse.
Oui, certaines scènes sont incompréhensibles, offrant une ambiance cotonneuse comme un rêve étrangement esthétique d’un réalisateur, pratiquement ésotériques.
Non, ce premier tome ne nous fait aucun cadeau en nous larguant au milieu d’un contexte dense qu’on découvre bribe par bribe au travers d’un trop plein d’informations qui ressemble plus à un zapping fou qu’à une bande dessinée.

deplasma3

Mais si les premières pages ne suffisent pas à aiguiser votre curiosité, essayez de pousser un peu : au fur et à mesure, Deplasma commencera subtilement à vous séduire et à se faufiler dans votre tête. On oublie le dessin de Joshua Cotter pour commencer à prêter attention à l’absurdité de certains dialogues, à l’humour et l’ironie présents là où on ne les voit pas venir… Même les expressions figées de ses personnages, la mise en page monotone et la façon de zapper entre les scénettes commenceront à devenir des points forts, donnant au fur et à mesure la sensation de lire le storyboard d’un film indépendant. Quand vous commencerez à entendre des bruits de zapping en tournant les pages, ce sera gagné, et il ne vous faudra plus qu’à attendre fébrilement le second volume comme moi !

Dans un climat de pluriculturalisme – les dialogues partiellement en hindi ou japonais non traduits destabilisent mais contribuent efficacement à l’ambiance -, de problématiques technologiques actuelles et du bon vieux thriller huis clôt spatial dans la veine d’Alien, Deplasma est un OVNI (haha) que je ne peux que vous recommander de découvrir tant que la série en est à ses débuts !
Il n’a très certainement pas la vocation de plaire au grand public, mais si l’un des éléments que j’ai évoqués a su retenir votre attention, n’attendez pas plus longtemps !

deplasma2

Dans un futur proche, la Terre est surpeuplée et ses ressources s’épuisent rapidement. La navette spatiale Dawn Aquila est développée afin de permettre à une petite équipe de lancer la colonisation d’une planète habitable dans un système planétaire proche. La navette transportera également un « portail » qui permettra de voyager instantanément de l’ancienne Terre jusqu’à ce nouvel Eden. Parallèlement à la mise en place de ce projet, Internet a connu de profonds bouleversements et est désormais accessible télépathiquement par les 2/3 de la population mondiale, grâce à un serveur central. Mais peu avant le début du récit, la population terrestre, horrifiée, apprend que ce « serveur » est en fait un enfant. Un projet alternatif de serveur électronique est alors développé à bord de la deuxième Station Spatiale Internationale où la navette Dawn Aquila est amarrée.

240 pagesÇà et là
 

Vous pouvez retrouver les chroniques des autres participants de « la BD du mercredi » sur le blog de Noukette !

Deplasma • Joshua Cotter
Étiqueté avec :                    

14 pesnées sur “Deplasma • Joshua Cotter

  • 18/05/2016 à 08:13
    Permalien

    Le synopsis à l’air sympa en tout cas, faudra que je regarde çade plus près, merci pour la découverte !

    Répondre
    • 21/05/2016 à 13:54
      Permalien

      Avec plaisir ! Je n’arrive pas à dire si ça te plairait ou non, en tout cas je suis curieuse d’avoir ton avis dessus !

      Répondre
  • 18/05/2016 à 11:00
    Permalien

    Et bien, avec une telle chronique, tu donnes envie au public qui n’a pas déjà été sensibilisé à la BD. C’est réussi, merci :)

    Répondre
    • 29/05/2016 à 13:07
      Permalien

      Haa ! Je suis contente que tu me dises ça car c’est exactement le but, merci à toi !

      Répondre
  • 18/05/2016 à 11:15
    Permalien

    J’aime cet éditeur parce qu’il n’hésite jamais à sortir des sentiers battus pour proposer des titres aussi originaux qu’inclassables mais pour le coup et malgré ta façon très convaincante de présenter les choses, je vais en rester à « AU SECOURS, DE LA SCIENCE FICTION ! » et passer mon tour ;)

    Répondre
    • 29/05/2016 à 13:09
      Permalien

      Héhé, on ne peut pas gagner à chaque fois ;) Merci pour ton commentaire ! C’est vrai que le catalogue des éditions Çà et là est alléchant, et surtout difficile à caractériser en un genre. Chaque titre est unique et de qualité, il y a un paquet de leurs titres que j’aimerais chroniquer !

      Répondre
  • 18/05/2016 à 19:16
    Permalien

    Tu le vends bien, mais moi aussi je suis du genre à crier « au secours de la science fiction ». pas trop séduite par le graphisme par ailleurs.

    Répondre
    • 29/05/2016 à 13:14
      Permalien

      Oui, le graphisme et le genre le rendent très hermétique, il m’a d’ailleurs fallu une bonne moitié avant de me rendre compte que je commençais à vraiment rentrer dedans. Je ne pense pas que je m’y serais plongée non plus s’il n’avait pas été choisi à mon club de lecture !

      Répondre
  • 18/05/2016 à 22:34
    Permalien

    Bienvenue dans ce chouette rendez-vous ! Je note cet OVNI qui a tout pour me plaire !

    Répondre
    • 29/05/2016 à 13:20
      Permalien

      Merci Noukette ! J’espère le croiser un futur mercredi chez toi alors ;)

      Répondre
  • 19/05/2016 à 07:03
    Permalien

    Pas trop ma came. Par contre, je suis ravie de retomber sur ton blog, ça faisait longtemps !

    Répondre
    • 29/05/2016 à 13:21
      Permalien

      Et moi sur le tien, c’est vrai que ça fait une éternité !

      Répondre
  • 19/05/2016 à 07:40
    Permalien

    science fiction… hmmm… pas ma tasse de thé!
    mais belle chronique! chouette chouette!

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.